La Suisse a largement approuvé la loi sur l’électricité, fixant un cap clair : produire 35 TWh d’énergies renouvelables d’ici 2035, hors hydraulique. Derrière cet objectif ambitieux se dessine une transformation profonde du paysage énergétique national, où les panneaux solaires occupent une place centrale. Cette décennie s’annonce décisive pour la filière photovoltaïque de la Confédération.
Une croissance tirée par des objectifs ambitieux et un nouveau cadre légal
L’horizon 2035 s’accompagne d’étapes intermédiaires contraignantes. Le marché des panneaux solaires en Suisse entre dans une phase de structuration accélérée, portée par des cibles inédites. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la sécurité d’approvisionnement et à réduire la dépendance aux importations hivernales.
La réforme adoptée en 2024 donne un cadre légal plus stable au développement du photovoltaïque. À long terme, cette visibilité favorise les investissements et conforte le rôle du solaire dans le mix électrique national.
Des objectifs de production revus à la hausse
La nouvelle loi fixe des jalons précis : 18,7 TWh d’ici 2030 pour le solaire, puis un potentiel estimé à plus de 28 TWh en 2035 selon Swissolar. Cela représenterait environ 80 % de l’objectif des nouvelles énergies renouvelables.
Le changement d’échelle est considérable. La production photovoltaïque dépassait à peine 3 TWh en 2018 et environ 6 TWh en 2022. Le rythme d’installation s’est fortement accéléré entre 2022 et 2024, avec plusieurs gigawatts supplémentaires raccordés en peu de temps. Maintenir cette cadence suppose d’installer davantage de panneaux solaires en Suisse tout en modernisant les premières générations d’équipements.
Le “bonus hiver” comme accélérateur stratégique
Afin de combler le déficit de production durant la saison froide, la Confédération introduit dès janvier 2026 un mécanisme baptisé « Winterstrombonus ». Il s’adresse aux installations de plus de 100 kW et valorise l’électricité produite entre octobre et mars.
L’objectif est clair : encourager les projets capables de produire quand la demande est la plus forte. Cette logique saisonnière influence désormais la conception des projets de panneaux solaires en Suisse, notamment en altitude.
Des incertitudes réglementaires temporaires
Certaines ordonnances d’application restent encore en discussion, notamment sur la rémunération minimale de l’injection ou le fonctionnement des communautés électriques locales. Cette phase transitoire peut freiner des investisseurs, surtout pour les installations moyennes sans autoconsommation.
Ce type d’ajustement est courant lors de réformes majeures. À moyen terme, la clarification des règles devrait consolider le marché et sécuriser les investissements liés aux panneaux solaires en Suisse.
La diversification des technologies et des lieux d’implantation de l’énergie solaire
Pour atteindre les 28 TWh visés en 2035, il ne suffira pas d’équiper les toitures existantes. Le potentiel reste important, mais l’expansion passera aussi par de nouveaux usages et de nouvelles surfaces.
La percée du solaire alpin et des infrastructures
Les installations en altitude deviennent stratégiques. Grâce à l’ensoleillement et aux phénomènes d’inversion thermique, elles peuvent produire jusqu’à 50 % de leur énergie en hiver, contre environ 30 % pour les systèmes en plaine.
Des projets innovants émergent, comme ceux portés par Sun-Ways, qui développe des modules amovibles entre les rails ferroviaires. D’anciennes infrastructures, notamment des antennes satellites en Valais, sont également reconverties. Chaque surface devient une opportunité pour renforcer la capacité des panneaux solaires en Suisse.
L’essor des façades et de l’intégration au bâti
La rareté du foncier pousse à exploiter les surfaces verticales. Les installations en façade, bien que plus coûteuses aujourd’hui, offrent une production intéressante en début et fin de journée, correspondant aux pics de consommation des ménages.
Le potentiel des façades est estimé à environ 17 TWh par an. À mesure que le photovoltaïque intégré au bâtiment (BIPV) se démocratise, ces solutions devraient gagner en compétitivité. Dans ce contexte, les panneaux solaires en Suisse ne se limitent plus aux seules toitures, mais s’intègrent progressivement à l’architecture.
L’évolution des modules : vers plus d’efficacité
La recherche de rendement se poursuit. Les modules monocristallins dominent le marché résidentiel grâce à leur efficacité et leur discrétion. Les modèles actuels dépassent souvent 20 % de rendement, notamment avec les technologies TOPCon ou hétérojonction.
Les modules bifaciaux gagnent en popularité, en particulier pour les installations alpines, car ils captent également la lumière réfléchie. D’autres technologies, comme les couches minces au tellurure de cadmium, trouvent leur place sur des structures légères ou courbées.
Au-delà des cellules, l’innovation concerne aussi l’électronique de puissance, les optimiseurs et l’intégration avec des systèmes de stockage. Ces évolutions améliorent la valeur économique de chaque kilowattheure produit par les panneaux solaires en Suisse.
Les défis structurels d’une filière en mutation

La montée en puissance du photovoltaïque s’accompagne de défis importants. La filière doit se structurer pour répondre à une demande soutenue tout en maintenant la qualité des installations.
La fièvre du recrutement de personnel qualifié
En 2023, le secteur comptait environ 10 000 équivalents temps plein. Pour atteindre les objectifs de 2035, près de 19 000 professionnels seront nécessaires, soit environ 800 nouveaux spécialistes formés chaque année.
Les petites installations sur toitures sont particulièrement exigeantes en main-d’œuvre. La formation et l’attractivité des métiers constituent donc un enjeu majeur pour soutenir le déploiement des panneaux solaires en Suisse.
L’émergence des modèles d’autoconsommation collective
Les regroupements dans le cadre de la consommation propre (RCP) virtuels dès 2025 et les communautés électriques locales à partir de 2026 transforment le modèle économique.
Ces dispositifs permettent de partager l’électricité entre plusieurs bâtiments sans liaison physique directe. Ils ouvrent des perspectives intéressantes pour les immeubles collectifs ou les quartiers, renforçant l’intérêt d’installer des panneaux solaires en Suisse même lorsque la surface disponible est limitée.
L’impératif de rentabilité face à la volatilité des prix
La baisse des tarifs de rachat garantis impose une optimisation accrue des projets. Les grandes installations passent par des systèmes d’enchères pour la prime de marché flottante. Les plus petites doivent maximiser l’autoconsommation afin d’assurer leur équilibre financier.
La volatilité des prix observée depuis 2022 rappelle que le photovoltaïque évolue dans un marché interconnecté à l’échelle européenne. La réussite des projets dépendra d’une planification rigoureuse, d’une conception technique optimisée et d’une bonne anticipation des évolutions réglementaires.
À l’horizon 2035, les panneaux solaires en Suisse ne relèvent plus d’une simple alternative énergétique. Ils s’imposent comme un pilier structurant du système électrique national, à condition de relever les défis techniques, humains et économiques de cette transformation.





