La transition énergétique était à l’honneur pour la 55e édition du Forum économique mondial (FEM) qui s’est tenue en janvier 2025 à Davos, en Suisse. Placé sous le thème de la « Collaboration pour l’Ère Intelligente », cet événement de portée internationale a notamment mis en lumière les enjeux de la transition énergétique. Bien que centré sur les perspectives économiques globales, le forum a accordé une place essentielle aux problématiques liées au changement climatique. Plusieurs points clés ont été abordés pour mieux comprendre les défis à venir. Voici ce qu’il faut retenir de cette édition.
Retour sur la transition énergétique mondiale
Aujourd’hui, les problématiques climatiques et économiques sont indissociables. C’est pourquoi la transition énergétique s’est imposée comme un sujet prioritaire au sein des débats de cette édition du forum.
L’économie mondiale face au réchauffement climatique
L’urgence climatique a été clairement rappelée. Les catastrophes naturelles — ouragans, inondations, feux de forêt — se multiplient aux quatre coins du globe. Ces événements, liés au dérèglement climatique, affectent non seulement les populations, mais aussi l’économie mondiale. Le rapport présenté lors du forum estime à plus de 3 600 milliards de dollars le coût cumulé de ces catastrophes depuis 2020. Si rien n’est fait, les bénéfices des entreprises pourraient chuter de 7 % d’ici 2035. Ces projections confirment la nécessité d’une action climatique structurée à l’échelle mondiale.
Avancées en matière d’énergies renouvelables
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mis en avant les progrès réalisés dans le développement des énergies vertes. En 2024, les investissements mondiaux dans le secteur énergétique ont atteint 2 000 milliards de dollars, un record. Dans le domaine de l’électricité, les énergies renouvelables ont bénéficié de financements dix fois supérieurs à ceux accordés aux énergies fossiles. Toutefois, les objectifs de la COP28, qui visent à tripler les capacités renouvelables et à doubler l’efficacité énergétique d’ici 2030, sont encore loin d’être atteints. Pour y parvenir, il faudra notamment déployer près de 25 millions de kilomètres de réseaux électriques et renforcer les capacités de stockage d’ici la fin de la décennie.
Une transition énergétique inégalement engagée
Ursula von der Leyen a également souligné que certains pays, notamment africains, peinent à s’engager dans la transition énergétique. Bien que l’Afrique dispose de 60 % du potentiel solaire mondial, elle ne reçoit que 2 % des investissements dans les énergies renouvelables. Près de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. Le développement de partenariats public-privé est indispensable pour accélérer la transition énergétique dans les pays en développement et assurer un accès universel à une énergie durable.

La technologie : moteur de la transition énergétique
La 55e édition du forum a mis en avant l’importance des innovations technologiques, et en particulier de l’intelligence artificielle (IA), dans la transformation du secteur énergétique.
L’intelligence artificielle au service de l’industrie
Le rôle de l’IA a été largement discuté. Si elle engendre une demande accrue en énergie — les centres de données devraient consommer jusqu’à 1 000 TWh d’électricité d’ici 2026 — elle peut aussi être un levier d’efficacité. L’intelligence artificielle permet une collecte et une analyse optimisées des données industrielles. Grâce à elle, les entreprises peuvent améliorer leur productivité tout en réduisant leur empreinte carbone. Elle favorise ainsi une transformation durable du tissu industriel.
Vers des réseaux intelligents et décentralisés
L’IA joue également un rôle central dans la modernisation des infrastructures énergétiques. Pour faire face à l’essor des data centers et de la production décentralisée, les réseaux doivent gagner en flexibilité et en intelligence. Grâce à des algorithmes avancés, l’IA permet d’anticiper avec précision la production et la consommation d’énergie. Elle facilite ainsi la gestion en temps réel de réseaux de plus en plus complexes, contribuant à sécuriser l’approvisionnement et à intégrer davantage d’énergies renouvelables.
Une IA au service de l’environnement
Au-delà de l’énergie, l’intelligence artificielle peut soutenir la lutte contre les dérèglements environnementaux. Dans le secteur agricole, elle aide à optimiser les récoltes tout en réduisant l’usage des pesticides. Elle améliore la détection des catastrophes naturelles à partir de données satellitaires et permet la mise en place de systèmes d’alerte précoce. L’IA est ainsi un outil décisif pour mieux comprendre, prévenir et répondre aux enjeux écologiques mondiaux.
Les engagements concrets pris lors du forum
Au-delà des discussions, des mesures concrètes ont été annoncées pour accélérer la transition énergétique.
Création d’un fonds pour les pays en développement
Conscients des difficultés que rencontrent les pays en développement pour financer leur transition, les participants ont annoncé la création d’un fonds dédié. Une initiative baptisée « Scaling up Renewables in Africa », portée par Ursula von der Leyen, le président sud-africain Cyril Ramaphosa et l’organisation Global Citizens, a été lancée. Cette campagne vise à mobiliser les investissements publics et privés pour garantir un accès abordable à une électricité propre, en Afrique et ailleurs.
Renforcer la lutte contre la déforestation
La déforestation représente une menace majeure pour l’équilibre climatique mondial. Pourtant, les forêts assurent à elles seules un tiers de la capacité mondiale de captation du carbone. Pour y remédier, le forum a décidé de doubler les investissements en faveur de la reforestation. Deux projets phares ont été annoncés :
- L’initiative « Trillion Tree Campaign », qui ambitionne de préserver, restaurer et planter un billion d’arbres d’ici 2030, avec le soutien d’États, d’entreprises et d’ONG.
- La création du « Kivu-Kinshasa Green Corridor » en République démocratique du Congo, visant à protéger la forêt tropicale du bassin du Congo. Cette réserve communautaire, la plus vaste au monde, pourrait absorber jusqu’à 1,5 milliard de tonnes de CO2 par an.
L’appel à une mobilisation collective
Dans son discours de clôture, Ursula von der Leyen a insisté sur l’importance d’une mobilisation collective pour relever les défis climatiques. Elle a rappelé que la transition énergétique nécessite des investissements massifs : production d’énergies renouvelables, développement de réseaux intelligents, innovations dans le stockage… Les partenariats public-privé doivent être encouragés. Seule une action coordonnée à l’échelle mondiale permettra de réduire les inégalités d’accès à l’énergie et de construire un avenir durable pour tous.





